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Mercredi, juin 13th, 2007et c’est véridique...
Hello, je cherche quelqu’un qui souhaiterais bosser sur un projet, un truc qui n’a pas trop de forme pour l’instant - peut-être un one man show ? - qui pourrait éventuellement avancer plus vite à deux.
[…] Enfin, on parle de ces nouvelles lois avec dédain, c’est assez facile. On critique, nous les gens bien sous tous rapports, mais elles ont du bon toutes ces nouvelles règlementations. Pas plus tard que la semaine dernière, je m’en suis servi de ces textes. En sortant de chez moi, il y avait un attroupement dans le hall de l’immeuble. C’était bruyant, et puis sans gêne, personne s’écarte pour laisser passer, y a des animaux qui se baladent en liberté, sans muselière, des rats je pense ou des yorkshires, en tout cas agressifs les bêtes, sans compter les maladies que ça véhicule. Et puis l’odeur, insoutenable, certainement que l’un deux s’était oublié… Pas les chiens non, les vieux ! Ah je vous ai pas dit, c’était Madame Sarayet, Madame Pétoncle et M. Bignasson, le concierge. Ces trois là c’est l’horreur, 187 ans au bat mot, 4215 épisodes des feux de l’amour ingurgités, et une passion commune : refaire le monde ! Enfin leur monde, qui commence à l’escalier B et qui s’arrête au C, parce que après vous comprenez, c’est la maghrébie, c’est plus la France.
Alors ce matin là, mal luné, l’envie de nuire comme unique drapeau, j’ai appelé la troupe, point de peur. Les représailles, les coups fourrés, je sais qui va les subir à l’avenir mais c’était trop. Je veux bien respecté les vieux, en commençant, si vous voulez par les appeler « personnes âgées », mais pas les cons.
La maréchaussée est donc intervenue immédiatement, 1 h et quart après l’appel, j’avais bien pris soin d’annoncer un viol collectif, pour les presser. 3 voitures, sirènes hurlantes, ils sont descendus dans la cave - bien-sur viol collectif = cave c’est évident - ils n’ont rien trouvé, sauf votre serviteur, tout sourire, qui par un acte de délation assumé, leur a affirmé : « Certes Messieurs les représentants de la force publique, de la loi et de la conscience républicaine, certes vous n’avez pas trouvé vos affreux violeurs sanguinaires, je conçois votre déception, mais - c’est une suggestion, aucunement un ordre entendez le bien - à défaut, vous avez là quelques menues délinquants, qui en état de rassemblement prohibé dans hall d’immeuble, pourraient avantageusement garnir votre fourgonnette. » Devant le regard interloqué de l’officier qui me faisait face, je ne puis m’empêcher d’ajouter : « je vous dit ça, c’est pour vos statistiques, moi, je n’ai rien à gagner à cette arrestation - là, je mentais - mais il ne faudrait pas que vous fassiez chou blanc, votre déplacement, il a un coût, vous ne pouvez l’ignorez. Vous risquez d’être convoqué, pour explication, par votre supérieur, lequel sera convoqué, pour explication, par son préfet, lequel sera mis à l’index par le ministre de l’intérieur ! Allons, il est temps pour vous d’agir d’éviter la débâcle, pensez à la somme de frustration engendrée par votre faute…sauf si »
Ils ont embarqué les trois vieux. Je n’ai plus reçu Libé les trois mois suivant et l’odeur d’urine qui a accompagné ma porte quelques temps doit provenir des deux rats poilus précédemment évoqués.
Enfin j’ai jouit, c’est le principal. Elles sont vraiment formidables ces nouvelles lois. Mais difficilement applicables, si à chaque fois il faut autant de fourberies pour les faire exécuter… On est pas rendu !
Des petits articles scélérats, il y en a à foison, dans la Trilogie des Sarkozylaws. On pourrait la rebaptiser cette triple loi, le seigneur de beauvau. Dans la première, il s’agirait de bien comprendre qui est qui : les gentils, c’est ceux de la terre du milieu, les méchants c’est ceux qui rôdent autour, qui respectent même pas les barrières que nous posons autour de la terre du milieu et en à la fin, c’est la grande bataille, où le bien triomphe sur ces forces obscures menées par des hommes avec des grandes barbes… C’est marrant, j’ai l’impression d’avoir déjà vu cette histoire… Sinon il y aussi l’autre grande production : Perben I, Perben II, sauf pour Perben III faudra attendre, les producteurs ont pas bouclé le budget, ils ont même jeté le réalisateur je crois !
C’est fou, non ? Mais je rêve d’être ministre de la république française, afin que mon nom soit attribué à un texte de loi qui régira la vie de mes concitoyens. Enfin, c’est pas forcément le nirvana, le ministre de l’agriculture qui pond son texte sur le diamètre minimum du cul des poules autorisé, c’est pas bien valorisant… Quoique quoique quoique…
Comme quoi on râle toujours en France mais il y a véritablement des gens qui prennent à bras le corps nos problèmes et qui tentent de les résoudre de manière totalement désintéressée. […]
Alors ? - si quelqu’un a lu jusqu’au bout déjà ?
Nous rêvons d’un lieu. Unique. Neuf.
Un lieu porteur. Un lieu d’avenir. Enfin. Qui serait à la fois le notre et celui de tout le monde. Pas tout le monde en fait. Nous sommes ouverts mais pas naïf. Car ce lieu n’aurait rien en commun avec tous les squatts d’artistes et autre communautés hippies qui naissent et succombent à l‘intransigeance du temps qui passe. Nous ne portons pas d’étendard. Aucun drapeaux n’est sur aucune lance dans nos troupes. Nous ne prêchons pas le libertinage ou le droit de faire n’importe quoi. Nous ne recherchons pas la lutte mais la collaboration. Nous voulons être libre.
L’avenir est à ceux qui vivent en parrallèle de et non à l’encontre de. Sessons de haïr ceux qui ne correspondent pas à nos idéaux. Contentons nous de les ignorer et construisons. La parole est utile à l’élaboration mais elle ne suffit pas. L’ esprit croupit quand le corps n’agit pas. L’action est nécessaire au bon développement de toute chose. Initiative. Entraide. Ecoute.
Dans ce lieu, la société moderne dans laquelle nous vivons, ne nous assumerait pas. Elle n’en aurait pas le besoin. Et nous n’aurions du coup, pas à assumer cette société qui nous emmène vers son idéal : Vie pour toi, soit heureux, ensuite pense à ton voisin. Assumer.
Tu peux avoir ta propre maison, mais ne la peint pas de cette couleur, ça embête ton voisin. Fais des enfants, bien sûr, et autant que tu veux, nous t’aiderons, mais laisse nous la charge de leur apprentissage de la vie. Tais-toi, et dit merci…
Et si nous avions d’autres idées. Et si nous pensions que vous vous trompez peut-être.
Le commerce n’est pas une abomination, la publicité seule en est une. Il n’est rien d’immoral dans le fait de vouloir produire quelque chose et de le redistribuer. Alors quelqu’un a instauré la monnaie. Pour gérer une société de millions d’individus c’est sans doute le meilleur moyen d’éviter la discorde, mais au sein d’un plus petit groupe se réduisant au maximum à une centaine d’individus, elle n’est pas aussi indispensable. Tout au moins il est dangereux de la sacraliser.
Cultives ton jardin, échanges ses fruits avec qui voudra et tu trouveras sans doute tout se dont tu as besoin. Ne désires pas plus, tu ne trouverais sur ta route que des murs. Mais ne soit pas en guerre avec le monde, c’est le meilleur moyen pour devenir celui qui en profite le plus, ou pour ne rien faire.
Apprenons à nos enfants à cultiver leurs jardins. Faisons leur découvrir les richesses de notre monde. Il est sans doute inutile d’insérer la notion de compétition à ce point excessive , dans toute les forme d’apprentissage. Elle est même bien souvent à bannir. Ainsi l’on construit l’enfant plutôt que de lui ôter son innocence à grands coups de réalités sanglantes et économiques. Montrons lui le pouvoir du corps, de l’esprit, de la terre, et des éléments. Qu’il se les approprie avant de vouloir les dompter. Ainsi seulement il pourra rugir. Seul la phase d’observation amène à celle de la réflexion. En engrainant des tonnes d’enseignements essentiels, on a peu de chance de s’éloigner de ce qui est essentiel.
Boire. Manger. Se déplacer. Communiquer. Partager. Aimer. Construire. S’adapter. Ecouter. Observer. Apprendre. Sourire…
L’Homme est peut-être destiné à se nuir, il n’en faut pas reculer pour autant. Car si nous connaissons bien cette facette de l’être humain, nous en ignorons sans doute tellement d’autre. Qui n’existerons peut-être jamais. Ou qui aurait pu exister. S’il n’avait pas toujours mis à sa tête des chefs qui succombent tous à la facilité. C’est ainsi qu’il est devenu. Fainéant. Egoïste. Cruel. Egocentrique. Il ne pense qu’à lui. Car, hélas l’homme tente d’analyser sa conscience. Mais c’est avec sa propre conscience qu’il fait cela. Et la boucle est bouclée. L’homme n’a finalement plus besoin de personne. Il a utilisé son cerveaux pour faire en sorte qu’il se suffise à lui même. Sans doute la plus solide des carapaces. Comment faire sans les autres. Au lieu de comment faire pour ou avec les autres. Comment faire pour ne pas à avoir à s’adapter. L’autre a été laissé de côté depuis bien trop longtemps.
Créons ce lieu ou nous vivrons ensemble. Les uns pour les autres. Nous redeviendrons alors des hommes. Des identités propres. Des forces créatrices, de véritables êtres de conscience…
Eh oui j’aime le football. Ce n’est pas très classe, ce n’est pas tendance, ce n’est pas culturellement exploitable, c’est. Point. En fait c’est socialisant. Des gens s’encartent aux partis politiques, ils lèchent jusqu’à ce que la pâteuse s’en suivent des petits roitelets de quartiers qui leur offrent en échange quelque once de pouvoir. Je suis sous chef du deuxième bataillon de colleurs d’affiches du 4e arrondissement. Bien sûr je reçois des ordres, mais j’en distribue aussi. Eh faut pas déconner quand même…
Moi j’aime le football. Tant pis si Desproges culbute ma femme pendant que je hurle avec mes soudards de copains, le sternum coincé contre les infâmes grilles, que l’arbitre est un enculé. Dans ces moments, faut pas croire, ma conscience me rattrape, des fois je me dis que je serai mieux dans un troquet, enfumé par le tabac et embruni par la blonde qu’il faut boire, en pinte, exclusivement, à refaire le monde. Ailleurs, hors les stades, ce n’est plus l’arbitre l’enculé, c’est le maire, c’est le juif, c’est le con, c’est la société, c’est moi… la philosophie du trou c’est une impasse, c’est bien connu, demandez aux belges.
J’aime le football, ça peut paraître horrible , surtout pour celles et ceux - surtout celles - qui me connaissent : cultivé, charmeur, romantique, philanthrope… classe quoi, limite parisien. Pendant longtemps, j’ai esquivé, la parade était simple - je vais chez un pote ce soir, non vous ne le connaissez pas - et un jour, las de me cacher, je suis sorti du placard. Coming out un beau matin de printemps, le temps était plutôt mitigé, voire maussade… je m’en souviens, c’était le 26 mai 2004, l’A.S. Monaco jouait la finale de la Ligue des Champions contre Porto, et ce jour là - elle le fait exprès - anniversaire de la belle mère ! J’ai craqué, c’était trop j’ai du avoué ma faiblesse, ma bassesse - oui je t’aime c’est pas la question, non ta mère… enfin si un peu aussi - mais quel soulagement ensuite !
J’aime le football, et je le dit. Je n’ai pas peur de dire qu’en entrant dans le stade, ces chants quasi-religieux qui suintent le houblon me transportent, que je vibre avec les torses nus perchés sur leurs grillages qui me hurlent dessus par mégaphone interposé. J’aime l’atmosphère du pub les soirs de matchs, d’abord calme et endormis et qui sort d’un coup de sa léthargie au moindre ballon envoyé dans les filets. Je chie sur celles et ceux - surtout celles - qui me diront que les litres de bière écoulés ont fabriqué ces robots écharpés beuglant en coeur. Je mets au défi la pintade frigide de comprendre ce que je peux ressentir quand la vidéo, recours inexplorée, démontre avec certitude que le hors jeu sort de l’imagination du croque-mort à sifflet, - oui l’arbitre - celui qui court 90 minutes après un ballon qu’il n’a pas le droit de toucher, frustrant !
J’aime le football, et dans ces moments là, je vous emmerde, je t’emmerde - oui même toi, ta mère ? aussi !